Le Marché et la Communauté sont souvent considérés comme deux catégories incommensurables. Récemment, certains travaux ont essayé de réduire la distance entre les deux en montrant que les comportements qui s’inscrivent dans la « cité marchande » (Boltanski et Thévenot, 1991) sont « encastrés » dans le social et le culturel (Granovetter, 1985 ; MacKenzie et Millo, 2003, etc.). Cette prise en compte du caractère hybride à la fois du Marché et de la Communauté donne lieu à une révision des logiques sous-tendant les échanges. Ceux-ci ne seraient pas basés seulement sur une logique maximisatrice et économique, mais également des logiques (entre)mêlant l’économique, le social et l’émotionnel (Miller, 1998 ; Belk et Coon, 1993…). Comment, dans cette optique, parvenir à comprendre ce qui constitue une expérience pertinente pour les marketers ? En effet, les processus marchands se sont largement étendus dans le champ social pour recouvrir des espaces relevant préalablement de l’économie familiale (i.e. non marchande). Dans ces conditions, le marketing ne fait-il que « récupérer » des espaces expérientiels préalablement dévolus aux relations sociales intimes ? Ne fait-il que coloniser ou marchandiser des choses qui s’inscrivaient dans le social ?